Florence Goyeau Naureils

« Il n’y a rien qui soit d’un seul bloc en ce monde, tout y est mosaïque »

Balzac, dans son roman La fille d’Eve

La mosaïque, un mot magique : fragments de matières à rassembler pour créer une image.

On retrouve des traces d’assemblages, jeux de matières et de couleurs sous des formes diverses depuis des millénaires dans différentes civilisations. Il semblerait donc que l’instinct de composition soit universellement partagé, et ce depuis très longtemps.

Cet art très ancien, qui commence à Alexandrie, au IIIe siècle avant notre ère avec l’emploi de fragments réguliers appelés « tesselles », est devenu au fil du temps un moyen d’expression aux possibilités infinies.

Mosaïque Gallo-romaine, pavements de pierres polies et de galets,

pour décorer des maisons et raconter des histoires…

Puis mosaïque byzantine : introduction des pierres précieuses, du verre coloré, de la feuille d’or…éclats de couleurs et translucidités.

Aujourd’hui la mosaïque contemporaine, fait la synthèse des techniques traditionnelles sans se limiter dans les possibilités de mise en formes et dans l’utilisation de matériaux divers.

Mes tableaux sont parsemées de céramique émaillées, de verre artisanal Albertini, ardoise, galets, écorces, coquillages et lichens…

Billot, marteline et pinces brucelles pour travailler le marbre, coupe-verre, pinces à molette ou zag-zag, sont les outils nécessaires à la pratique de la mosaïque.

Si j’ai toujours pratiqué une activité artistique, c’est en 2009 que je rencontre et commence à me former avec des mosaïstes professionnels de la région toulousaine.

Viendront ensuite des stages à la Maison de la Mosaïque Contemporaine à Paray le Monial, puis des stages de céramique et de vitrail.

J’aime travailler la matière, comprendre ses résistances et découvrir à force de patience et de travail, de nouvelles possibilités. C’est un cheminement, jamais une finalité.

Mes sources d’inspirations, comme tout processus de création, prennent racines dans ma sensibilité et mon attachement à la nature, son rythme, sa douceur, ses lumières, ses couleurs et son perpétuel renouvellement. Ainsi que la poésie et la caresse intérieure des mots de certains auteurs, ou de certaines musiques.

N’ayant pas toujours les mots pour dire, mes mains ont cherché depuis toujours à suivre mon esprit : voir et sentir, cueillir, transformer, assembler des petits morceaux disparates dans un ordre précis (Andamenti).

La mosaïque permet une recherche de mouvements et de contrastes multiples se lisant à la lumière.

Si créer permet de traduire une idée ou un sentiment, je m’enrichis également du partage avec mes « élèves » qui me surprennent, traduisant leur propre univers créatifs avec les outils que je mets à leur disposition.

Créer est aussi un vecteur de soi à l’autre et inversement.

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